Principes

Nous avons reçu en héritage un système nerveux dont les capacités sont formidables. Toutefois, sa complexité est immense

J’existe
En tant que partie de l’univers, et que quelque chose de différent du reste du monde
Appelons cela une simple constatation, il faut bien un point de départ qu’on ne cherchera pas remettre en cause (au moins, pas tout de suite).
Ce postulat s’exprime en termes simples.
J’évolue avec le temps

J’interagis avec le reste de l’univers

Je suis un filtre De l’information entre, depuis le reste de l’univers jusqu’à moi, essentiellement via mes sens ; de l’information sort de moi, par mes mouvements, mes mots.
U univers
M moi
Moi ⊊ Monde
Le temps
Le filtre humain

Ma pensée est issue d’un système nerveux composé de plusieurs éléments très différents par leur nature.
La théorie des 3 cerveaux est encore aujourd’hui

Une partie de ma pensée peut s’exprimer dans le cadre de la théorie des ensembles, en gros on peut dire
1. Je suis.

Ou plus précisémment, je suis quelquechose de distinct du reste du monde. Cela veut dire, dans l'ensemble de tout ce qui existe, je fais une séparation entre deux choses distinctes : ce que je considère comme étant "moi", incluant mon corps, mes pensées, mes souvenirs… et ce qui n'est pas moi (et qui n'est pas vide). Il y a volontairement quelquechose de subjectif la-dedans. On peut considérer, ou non, que nos vêtements font partie de nous par exemple.

2. Je pense.

Penser, c'est associer (au moins) deux concepts, faire un lien entre deux choses. Par exemple "j'ai faim" est une pensée. Elle associe "moi" à l'état de "avoir faim".

Ami biologiste, pardonne mon manque de rigueur ou bien aide-moi à être plus précis…

Le système nerveux, que nous avons reçu en héritage, est composé en gros de deux parties.

La partie disons animale, composée notamment de la moëlle épinière, appelée "cerveau reptilien" par Monod, siège des réflexes. Le système nerveux des reptiles et insectes est limité à cette partie, et ils ne peuvent qu'apporter une réponse programmée, identique pour tous les membres d'une même l'espèce, à un ensemble de situations. Une guèpe apporte de la nourriture dans les alvéoles même si on a enlevé ses oeufs. Cette partie est composée de nerfs, c'est à dire d'un assemblage de fils conduisant ou non de l'électricité. De manière simpliste, un nerf sensitif est excité, par de la lumière ou autre chose (stimulus), ce qui génére un signal électrique, intégré puis transmis par la moëlle épinière a un nerf moteur qui va provoquer un mouvement de l'animal.

Chez tous les mammifères, cette partie animale contient également le thalamus, centre des émotions. Il fonctionne également typiquement de manière instinctive, c'est-à-dire l'animal a tendance à agir toujours de la même façon dans une situation similaire. Quand ça sent pas bon, un chat gratte par terre, sans savoir pourquoi. Mais il ne s'agit que d'une tendance, ce n'est plus un réflexe, l'animal peut s'en libérer, on peut dresser le chat à avoir un autre comportement. Une grande partie de l'activité du thalamus est chimique. L'information n'est pas seulement transmise par voie nerveuse sous forme de signaux électriques, le thalamus peut provoquer la libération de différentes substances chimiques dans le corps, par exemple l'adrénaline qui donne un coup de fouet et permet de courir plus vite quand on a peur.

La seconde partie du système nerveux, la plus importante chez l'homme et certains mammifères évolués, est le cortex, centre de la différentiation.

Paul D. MacLean, Brain Evolution: The Origins of Social and Cognitive Behaviors, Journal of Children in Contemporary Society, Vol. 16: 1-2, 1983

http://web2.uqat.ca/profu/textes/theorie/impuls3_3cerveaux.htm

Selon la théorie des trois cerveaux, notre comportement est régi par trois étages cérébraux, chacun d’eux étant le fruit d’une étape de l’évolution de l’intelligence animale à travers les âges. Le cerveau reptilien, qui constitue le tronc cérébral, à la base de notre cerveau, est vieux de 500 à 600 millions d'années. Il assure la survie de notre organisme grâce à un répertoire limité de comportements réflexes et instinctifs qui permettent la satisfaction de nos besoins essentiels: reconnaître les sources de nourriture et se la procurer, reconnaître nos semblables, trouver des partenaires et s'accoupler, définir son territoire et trouver son gîte, reconnaître les prédateurs et s'en protéger. Il assure aussi le contrôle de l'homéostasie corporelle (température du corps, pression sanguine, niveau de glucose).

Le système limbique, qui constitue les zones centrales du cerveau, appelé aussi cerveau mammifère ou cerveau émotif, est plus récent (quelques 60 millions d'années). Il permet une organisation plus raffinée des comportements. Siège des émotions et centre de création des souvenirs, il nous permet notamment l'établissement de liens affectifs, la vie sociale et l'apprentissage de comportements complexes.

Le néocortex enfin, qui constitue l’écorce cérébrale, cette fine couche de matière grise qui enveloppe tout notre cerveau, appelé aussi cerveau logique, vient parachever l’œuvre évolutive en dotant l'espèce de moyens très sophistiqués de traitement des informations en provenance du monde extérieur et en lui permettant l'acquisition de connaissances nouvelles, la prévision et la planification de ses actions. La capacité toute récente du langage a permis à l'espèce humaine la construction de liens sociaux très élaborés, la transmission des connaissances de génération en génération et, surtout un outil de contrôle interne de la pensée et des comportements.

Cependant, plus le traitement des informations devient complexe, plus le processus est lent. En situation de stress et de forte charge émotive, nous tendons à emprunter des voies d'action d'autant plus rapides qu'elles sont plus instinctuelles et plus primitives. Les comportements impulsifs, accompagnés d'une suspension partielle et momentanée des capacités d'analyse et de réflexion, apparaissent plus fréquemment dans les situations où la peur, la colère ou le désir amoureux semblent nous "troubler" l'esprit. Ce phénomène de rétrogradation, quand il se produit lors d'un examen, par exemple, réduit considérablement nos capacités à traiter les problèmes rencontrés.

Mais les situations de grande excitation ne sont pas les seules à pousser à l'action immédiate. À l'autre bout du continuum de l'activation, l'ennui, le manque d'intérêt, la fatigue ou des habitudes de négligence et de paresse tendent, loi du moindre effort, à nous faire adopter des comportements non réfléchis. En effet, réfléchir demande de l'énergie, exige un effort mental et de la concentration. L'adoption d'une attitude passive et réactive vis-à-vis des événements nous est au contraire plus naturelle.

Une bonne compréhension du phénomène de rétrogradation permet d'en réduire les effets négatifs. Par le langage interne, on peut se distancier de ses réactions émotives, se commander de se calmer ou de se mobiliser, changer sa perception de la situation et récupérer ses capacités de réflexion.

Les trois cerveaux de l'homme

Robert Laffont Octobre 1990 367 p.

Ce livre présente une sélection de textes fondateurs de la théorie des trois cerveaux de l'homme ou théorie du cerveau triunique de P. D. MacLean, textes choisis et commentés par R. Guyot. Ebauchée dans les années 50, cette théorie, aujourd'hui largement acceptée et développée (H. Laborit), postule que le cerveau humain est constitué de trois formations évolutives bien différentes anatomiquement et psychologiquement :

A la base, un cerveau reptilien, hérité de nos plus lointains ancêtres

Le crocodile règne sur nos pulsions fondamentales (faim, soif, sexualité, aggressivité, imitation) et assure une réponse immédiate au présent; il privilégie l'odorat. Ce cerveau (l'hypothalamus ou "cerveau de notre milieu intérieur") est en liaison intime avec notre équilibre biologique et endocrinien. Il commande le fonctionnement de l'hypophyse qui, elle, commande à toutes nos glandes qui vont contrôler tout le fonctionnement de nos cellules, véritables petites usines chimiques.

Autour et au-dessus, un cerveau paléo-mammalien, apparu dès les premiers mammifères

Le cheval (notre cerveau limbique) introduit l'affectivité, les soins parentaux, le sens du clan; il se base sur l'importance de la vocalisation et de l'audition. L'affectivité nécessite une mémoire à long terme. La notion de plaisir ou de déplaisir nécessite le souvenir d'une expérience passée - il faut savoir, par expérience, qu'il y a des choses qui sont défavorables ou favorables à notre plaisir, à notre équilibre biologique - et dépend essentiellement de l'état de notre milieu intérieur. Qui dit mémoire dit motivation : si un événement ne vous intéresse pas, vous ne mémoriserez rien.

Autour encore et vers l'avant, un cerveau néo-mammalien, en fin de compte humain

L'humain, avec ses lobes frontaux, connaît la raison et le langage symbolique; il privilégie la vision. Notre néocortex permet l'abstraction, l'association, l'imagination. Il nous permet d'imaginer, soit d'inventer des comportements nouveaux à partir d'expériences anciennes. C'est le cerveau de l'anticipation, de l'avenir …

Mais, l'évolution humaine s'est produite si rapidement que ces trois cerveaux ne sont qu'imparfaitement intégrés. La logique des trois influant sur nos comportements individuels et sociaux, qui se trouve aux commandes d

Mac Lean et par H. Laborit respectivement dans Les trois cerveaux de l'homme 1990, ou dans La légende des comportements, 1996.

Unless otherwise stated, the content of this page is licensed under Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License